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lundi 26 novembre 2012

Il vous suit

Il vous suit, lentement mais sûrement. Sur ses quatre pattes il avance lentement, dévoilant un peu plus à chaque pas ses dangereuses canines. Ce pseudo-sourire sur son faciès vous dérange, tout autant que ce sentiment désagréable : il est probablement guidé par son instinct. Il ne fera de vous qu'une bouchée dès lors qu'il vous aura rejoint. Ces crocs affûtés, signe d'une grande habitude à tailler la chair, luisent dangereusement aux quelques rais de lumière qui transpirent dans cette ruelle sombre. Ces yeux noirs comme une nuit sans lune vous fixent avec une lueur démente qui vous paralyse. Cette bête sauvage arrive à vous effrayer en se servant uniquement de cette lueur malsaine dans ces globes inquiétants. Cette bête vous tient en respect.
 
Vous tremblez tandis que vous faites un pas en arrière. Vous ne voulez pas mourir. Vous vous êtes interdit de mourir ici, malgré la perspective certaine qu'il fera de vous son diner. Vous priez de toutes vos forces n'importe quel Dieu qui vous vient à l'esprit tandis que deux gouttes descendent lentement : une sur votre tempe, et une autre parcourant votre colonne vertébrale, vous faisant frissonner. Quelque chose vous conforte dans le fait que vous avez un point commun avec ce monstre : lui aussi tremble. Cependant, vous savez pertinemment qu'il ne s'agit pas du même type de tremblements. Vous tremblez de peur, lui tremble d'excitation en voyant son repas si bien préparé. Le temps est venu, voici ce qui traverse votre esprit. 

Il s'est encore approché de vous, en émettant un grognement infernal. Un grondement venu tout droit des profondeurs de l'Enfer, vous le savez. Vos yeux se sont écarquillés d'un coup tandis qu'une boule dans votre gorge vous empêche de hurler. Seul un petit croassement sort de votre gorge. Vous ne pouvez même pas avaler votre salive. Vous essayez de bouger, mais vos jambes ont déjà abandonné le combat. Elles refusent de vous obéir et sans doute se disent-elles qu'elles sont prêtes à servir de casse-croûte à une bête monstrueuse. Vous avez beau tenter de les convaincre, elles savent que vous êtes dans un cul-de-sac. Vous vous sentez tomber à genoux : vos jambes ont très clairement déposé leur démission, et refusent de supporter votre poids plus longtemps. 

Une langue râpeuse passe sur les babines du monstre. Vous fermez les yeux, vous tentez d'ignorer ces atroces grognements. Une nouvelle fois, c'est peine perdue : Des petits bruits sur le sol vous disent que ce monstre se rapproche de vous. Vous sentez son haleine chaude et fétide courir sur votre corps, et vous esquissez un rictus de dégoût. Avec les bras, vous rampez en arrière pour échapper à la bête. Une seule pensée parcourt votre conscience : "Ne me tue pas, je t'en supplie. Ne me tue pas." Le monstre s'avance de nouveau vers vous d'un pas lent et calculé, alors que vous rouvrez lentement les yeux. Son museau est à moins de trente centimètres de votre visage. Une nouvelle fois, sa langue passe sur ses crocs pointus comme des lances affûtées. 

Vous avez décidé de faire face à votre peur une bonne fois pour toutes. en fermant les yeux et en gémissant de peur, vous repoussez la bête féroce qui s'apprêtait à vous envoyer vers un autre monde et vous détalez en courant sur une dizaine de mètres. Pourquoi pas plus loin ? Parce que vous êtes face à un cul-de-sac. D'ailleurs, la bête vous approche. Vous voyez son pelage se mouvoir dans les ombres en grognant. Vous êtes effrayé, vous êtes perdu. Vous ne savez plus quoi faire. Les larmes vous montent aux yeux. Vous allez mourir ici, vous le sentez. Le bruit des pas de ce monstre se rapproche dangereusement de vous. Vous vous asseyez, perdu et quasiment inconscient. Vous entendez le bruit de sa respiration. Il vous sent, comme si il flairait sa proie. D'ailleurs, ce n'est pas comme si il la flairait : il la flaire vraiment, il sent son plat de résistance avant de le gouter. 

C'est fini. Seul un hurlement déchirant sort de votre gorge, alors que la bête vous saute dessus. Cependant, une héroïne vous sauve d'une mort sûre en apparaissant au bout de la ruelle et en hurlant.


«KIKI ! Laisse les passants tranquilles et viens ici !»

Avec un aboiement joyeux et une démarche enjouée, Kiki le yorkshire rejoint sa maîtresse, une dame aux bords de la soixantaine. Quant à vous, vous vous relevez, honteux, en pensant qu'il faudrait vraiment remédier à cette cynophobie dérangeante. Puis vous reprenez votre chemin, en essayant d'oublier cette mésaventure avec un yorkshire des plus menaçants.

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